Père Léon MILLOT (1851-1936)

Le presbytère, rue du Rabot, en 1912. L'abbé Léon Millot, l'abbé Alexandre Millot,
le séminariste Célestin Millot

Hubert Léon Millot est né le 19 Septembre 1851 à la Chapelle Saint André, commune du canton de Varzy, de Marc François, agé de 24 ans, maréchal et de son épouse Rosalie Dumont. 

En 1871, il est dispensé par la commission militaire car étudiant écclésiastique.

En 1877, il a été ordonné et est à Nevers où il professe à St Cyr. 

En 1886 il est nommé curé à l'église Ste Anne d'Annay. (https://www.photos-eglises.fr/Bourgogne/58/A/Annay/annay.htm)

En 1898, il arrive à Aunay alors que le père Chapoy part en retraite. Il s'installe dans le presbytère qui se trouve rue du Rabot avec le pré du curé qui jouxte la maison. Il a une vache. Il doit faire face aux prémices des heurts qui surviendront avec la loi sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat. 

Il habite avec des membres de sa famille dont ses neveux Alexandre (1886-1936) qui deviendra aussi prêtre et sera le curé de Limanton de 1926 à 1936 et Celestin (1896-1917) séminariste à la Congrégation du St Esprit et se destinant aux missions du Congo. Mais il décèdera le 29 Avril 1917 à Courcy-Loivre (Marne) - Mort pour la France. Il obtiendra une citation à titre posthume à l'ordre du corp d'armée pour bravoure et dévouement. "Il est tombé à la tête de sa section au contact de l'ennemi en partant en avant devant ses hommes, un bel exemple de bravoure et de sacrifice"

Ainsi en 1905, au lendemain de la promulgation de la loi, le presbytère et le pré deviennent biens nationaux. On demande aux habitants de se reloger à leur frais. L'abbé Millot refuse et un bras de fer commence entre lui et les autorités laïques.

En 1907, il comparait devant le tribunal correctionnel de Chateau Chinon, après avoir passé deux jours en prison, pour "bris de cloture et contravention de pacage dans une pature faisant partie de la mense curiale, mise sous séquestre et louée à un particulier". Cette pature (le pré du curé) a été adjugée à M Brossard, cabaretier à Achun et administrateur de l'hospice du lieu. L'abbé Millot, pour protester contre cette location, décrocha le fil de fer qui maintenait la barrière du pré et continua à y mener sa vache. D'ou procès et poursuites devant le Tribunal. Entre temps, la vache était saisie et la vente pourvait avoir lieu. Mais le garde champêtre d'Aunay ramenait bientot l'animal dans son étable, la vente ayant été empêché par le comte d'Aunay. A l'audience, l'abbé Millot a reconnu les faits et demandé le renvoi de l'affaire pour permettre à son avocat de venir plaider. Malgré l'opposition du procureur, le tribunal renvoit les débats. La facture sera payé par l'évêque lFrançois Léon Gauthey (1848-1918) sur sa cassette personnelle. L'histoire ne dit pas ce qu' est devenue la vache !

En 1913, l'abbé Millot emménage dans une maison de la Grande Rue appartenant à sa famille et qui devient le presbytère. Il prend sa retraite en 1932 mais cohabitera avec le père Nugues jusqu'à son décès le 8 Juillet 1936.

Il est enterré dans le cimetière d'Aunay avec ses deux neveux, Alexandre (1886-1936) curé de Limanton de 1923 à 1936 et Célestin (1896-1917) séminariste, aspirant "Mort pour la France" le 29 Avril 1917  à Courcy Loivre dans la Marne (51).